Conférenciers

Nous avons reçu au micro de notre podcast chacun des conférenciers et conférencières de cette liste. Nous pouvons garantir qu'ils ont tous développé une grille d'analyse unique. Une fois qu'ils l'auront expliquée à votre public, il ne l'oubliera jamais.

Anthropologie

Véra Nikolski

Essayiste, docteure en science politique

Véra Nikolski a forgé le terme de Féminicène pour désigner l'ère d'émancipation des femmes permise par la révolution industrielle. Elle affirme que les femmes doivent moins leur émancipation aux luttes féministes qu'à l'enrichissement des sociétés et au progrès technique et médical. Elle appelle les femmes à prendre conscience de ces fondements matériels et à les défendre, pour que leur émancipation résiste à la fin de l'abondance industrielle.

Normalienne, docteure en science politique et haute fonctionnaire, elle a publié Féminicène (Fayard, 2023). En avril 2026 est paru Pourquoi les Amazones n'existent pas (Fayard), coécrit avec le physicien Nicolas Pichoff. Le livre montre, modélisations à l'appui, pourquoi les sociétés anciennes ont confié la chasse et la guerre aux hommes.

Pour une direction, Véra Nikolski apporte une lecture matérialiste de l'égalité professionnelle : ce qui l'a rendue possible, et ce qui pourrait la fragiliser. Pour un événement plus ouvert, elle pose la question qui traverse son travail : l'émancipation des femmes survivra-t-elle à la crise écologique ?

Économie

Axelle Arquié

Économiste au CEPII

Axelle Arquié a cofondé l'Observatoire des emplois menacés et émergents pour cartographier, par métier, par secteur et par territoire, les emplois que l'IA fragilise. L'automatisation touche désormais les professions intellectuelles, et elle pourrait transformer le travail et l'économie aussi profondément que la révolution industrielle.

Docteure de la Paris School of Economics et diplômée d'HEC, elle est économiste au CEPII et enseigne la macroéconomie à Paris-Dauphine. En avril 2026, elle a été invitée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale à une table ronde sur les effets de l'IA sur l'emploi.

Pour une direction, Axelle Arquié apporte l'état de la recherche sur les emplois que l'IA menace en priorité, dans quels secteurs et à quel horizon. Pour un événement plus ouvert, elle pose la question qui traverse son travail : qui gagnera et qui perdra dans l'économie de l'IA ?

Environnement

Cyrus Farhangi

Expert de la transition environnementale

Faut-il croire à l'effondrement ou au miracle technologique ? Cyrus Farhangi a longtemps jugé l'effondrement inévitable, avant de tracer une troisième voie : réduire nos besoins, produire une énergie propre et régénérer le vivant. Il puise pour cela autant chez les décroissants que chez les techno-optimistes.

Consultant en évaluation des politiques publiques, passé par un producteur d'énergie solaire, il enseigne à l'emlyon l'évolution des entreprises face aux limites planétaires. Il co-anime le podcast Penser c'est chouette, où il interroge chercheurs et essayistes, et publie presque chaque jour ses analyses sur LinkedIn.

Il apporte aux dirigeants une lecture sans dogme de la transition énergétique et environnementale. Et à chaque intervention, il revient à la même question : comment éviter le pire ?

Environnement

Philippe Grandcolas

Écologue, directeur de recherche au CNRS

Philippe Grandcolas accole à la biodiversité un mot qu'on ne lui associe presque jamais : la puissance. Écologue spécialiste des insectes, il montre l'ampleur et la vitesse de son déclin, et ce que cet effondrement fait peser sur notre santé et notre agriculture.

Directeur de recherche, il est directeur adjoint scientifique de l'Institut écologie et environnement du CNRS, après avoir créé et dirigé pendant dix ans l'Institut de systématique, évolution, biodiversité au Muséum national d'histoire naturelle. Il a publié La biodiversité, urgence planète (Tallandier, 2025).

Face à des dirigeants, il rend la biodiversité concrète : ce qui disparaît, à quelle vitesse, et ce que cela menace. Et il invite chacun à se demander : pourquoi l'effondrement du vivant devrait-il nous inquiéter autant que le réchauffement climatique ?

Géopolitique

Kevan Gafaïti

Chercheur en relations internationales

Kevan Gafaïti a étudié le détroit d'Ormuz bien avant qu'il ne devienne le levier central de la guerre de 2026. Il s'en servait déjà en 2022 pour démontrer que la géopolitique n'est pas qu'une affaire de puissance brute.

Franco-iranien et persanophone, il enseigne depuis 2021 à Sciences Po Paris la politique étrangère de la France au Moyen-Orient, la géopolitique du golfe Persique et les monarchies arabes du Golfe. Il a publié La crise du détroit d'Ormuz de 2018 à nos jours : une victoire iranienne ? (L'Harmattan, 2022). Il anime aussi KevanExplique, un média de vulgarisation géopolitique suivi par environ 100 000 abonnés.

Kevan Gafaïti aide les directions à comprendre la puissance iranienne, sa stratégie régionale et ce qu'elle change à l'ordre international. Devant un public plus large, il bouscule nos représentations : voyons-nous vraiment les États du Golfe tels qu'ils sont ?

Géopolitique

Sébastien Jean

Économiste, commerce international

Sébastien Jean a résumé l'état de l'économie mondiale en une formule : « découplage impossible, coopération improbable ». Les économies sont trop imbriquées pour se séparer, mais les rivalités de puissance les empêchent désormais de coopérer. Il analyse le basculement d'une économie mondiale régie par des règles communes vers une économie du rapport de force.

Ancien directeur du CEPII (2012-2021), il est professeur au CNAM, titulaire de la chaire Jean-Baptiste Say d'économie industrielle, directeur associé de l'Initiative géoéconomie et géofinance de l'Ifri et membre du Conseil d'analyse économique. Il a publié avec Isabelle Bensidoun et le dessinateur Enzo La Folle Histoire de la mondialisation (Les Arènes, 2021).

Aux décideurs, Sébastien Jean donne les clés pour anticiper ce que l'instabilité géoéconomique, les sanctions et les chocs énergétiques vont faire au commerce mondial. Pour tous les publics, sa question est simple : le commerce mondial peut-il survivre au retour de la loi du plus fort ?

Prospective

Antoine Buéno

Conseiller prospective au Sénat

Antoine Buéno a nommé guidance le pouvoir politique inédit que donneront les agents IA à ceux qui les contrôlent. Ces assistants organiseront toute notre vie, sauront tout de nous et pourront nous influencer comme un directeur de conscience. Il en déduit les régimes politiques que l'IA rend possibles, des plus démocratiques aux plus autoritaires.

Conseiller au Sénat chargé de la prospective et du développement durable, chroniqueur dans 28 minutes sur Arte, il a enseigné l'utopie à Sciences Po. Il a publié en septembre 2026 Guidance. Comment la technologie promet le meilleur des mondes (Tallandier).

Pour une direction, Antoine Buéno apporte une lecture prospective de ce que les agents IA vont faire aux marchés, à la relation client et à la décision. Pour un événement plus ouvert, il pose la question qui traverse son travail : qui nous parlera dans l'oreillette, et pour nous dire quoi ?

Technologie

Nadia Guerouaou

Chercheuse en neurosciences au CNRS

Nadia Guerouaou a forgé le terme d'IAffectivité pour désigner la reconfiguration de notre sensibilité par l'intelligence artificielle. Elle interroge nos immenses responsabilités anthropologiques en tant que créateurs des machines qui façonnent les humains de demain.

Docteure en neurosciences et chercheuse au CNRS, elle enseigne la neuroéthique et la philosophie de l'innovation responsable, et a publié en février 2026 Notre cerveau sous influence : comment les IA génératives modèlent nos émotions et façonnent nos sociétés (Eyrolles).

Pour une direction, elle apporte l'état de la recherche sur ce que les IA génératives font à l'attention, à la confiance et à la décision. Pour un événement plus ouvert, elle pose la question qui traverse son travail : Quels humains façonnons‑nous avec les IA ?

Environnement

Pierre Gilbert

Prospectiviste, spécialiste du climat

Pierre Gilbert a nommé géomimétisme le biomimétisme appliqué au climat : capter le carbone de l'atmosphère dans les sols, les forêts et les océans en s'appuyant sur le vivant. Là où beaucoup misent sur la géo-ingénierie, il montre que la biodiversité est notre meilleure alliée contre le réchauffement climatique.

Prospectiviste en risques climatiques, il a travaillé pour le ministère des Armées puis pour de grandes entreprises, avant de fonder Sator, une plateforme de masterclass consacrées aux transitions. Il a publié Les Voies nouvelles du géomimétisme. Soigner le climat grâce au vivant (Odile Jacob, 2025).

Pour une direction, Pierre Gilbert apporte une lecture prospective des risques climatiques qui pèsent sur l'entreprise et des solutions d'adaptation inspirées du vivant. Pour un événement plus ouvert, il pose la question qui traverse son travail : le vivant peut-il réparer le climat ?

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