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Peut-on encore réparer la planète ?

Le dérèglement du système Terre constitue le plus grand défi posé à l'humanité. Nous avons réuni ici ceux qui le regardent en face et vous proposeront des solutions concrètes pour limiter les dégâts et entamer les réparations de notre planète.

Antoine Buéno

Conseiller prospective au Sénat

Antoine Buéno a nommé guidance le pouvoir politique inédit que donneront les agents IA à ceux qui les contrôlent. Ces assistants organiseront toute notre vie, sauront tout de nous et pourront nous influencer comme un directeur de conscience. Il en déduit les régimes politiques que l'IA rend possibles, des plus démocratiques aux plus autoritaires.

Conseiller au Sénat chargé de la prospective et du développement durable, chroniqueur dans 28 minutes sur Arte, il a enseigné l'utopie à Sciences Po. Il a publié en septembre 2026 Guidance. Comment la technologie promet le meilleur des mondes (Tallandier).

Pour une direction, Antoine Buéno apporte une lecture prospective de ce que les agents IA vont faire aux marchés, à la relation client et à la décision. Pour un événement plus ouvert, il pose la question qui traverse son travail : qui nous parlera dans l'oreillette, et pour nous dire quoi ?

Cyrus Farhangi

Expert de la transition environnementale

Faut-il croire à l'effondrement ou au miracle technologique ? Cyrus Farhangi a longtemps jugé l'effondrement inévitable, avant de tracer une troisième voie : investir dans l'adaptation, réduire nos besoins, développer les énergies « propres », et régénérer le vivant. Il puise pour cela autant chez les décroissants que chez les techno-optimistes.

Auparavant consultant en stratégie et management, aujourd'hui cadre de direction dans une entreprise d'énergie solaire et de stockage, il enseigne également l'évolution des entreprises face aux limites planétaires. Il co-anime le podcast Penser c'est chouette, où il interroge chercheurs et essayistes, et publie presque chaque jour ses analyses sur LinkedIn.

Il apporte aux dirigeants une lecture sans dogme de la transition énergétique et environnementale. Et à chaque intervention, il revient à la même question : comment éviter le pire ?

Philippe Grandcolas

Écologue, directeur de recherche au CNRS

Philippe Grandcolas accole à la biodiversité un mot qu'on ne lui associe presque jamais : la puissance. Écologue spécialiste des insectes, il montre l'ampleur et la vitesse de son déclin, et ce que cet effondrement fait peser sur notre santé et notre agriculture.

Directeur de recherche, il est directeur adjoint scientifique de l'Institut écologie et environnement du CNRS, après avoir créé et dirigé pendant dix ans l'Institut de systématique, évolution, biodiversité au Muséum national d'histoire naturelle. Il est également professeur à Sciences Po Paris. Il a publié La biodiversité, urgence planète (Tallandier, 2025).

Face à des dirigeants, il rend la biodiversité concrète : ce qui disparaît, à quelle vitesse, et ce que cela menace. Et il invite chacun à se demander : pourquoi l'effondrement du vivant devrait-il nous inquiéter autant que le réchauffement climatique ?

Pierre Gilbert

Prospectiviste, spécialiste du climat

Pierre Gilbert a nommé géomimétisme le biomimétisme appliqué au climat : capter le carbone de l'atmosphère dans les sols, les forêts et les océans en s'appuyant sur le vivant. Là où beaucoup misent sur la géo-ingénierie, il montre que la biodiversité est notre meilleure alliée contre le réchauffement climatique.

Prospectiviste en risques climatiques, il a travaillé pour le ministère des Armées puis pour de grandes entreprises, avant de fonder Sator, une plateforme de masterclass consacrées aux transitions. Il a publié Les Voies nouvelles du géomimétisme. Soigner le climat grâce au vivant (Odile Jacob, 2025).

Pour une direction, Pierre Gilbert apporte une lecture prospective des risques climatiques qui pèsent sur l'entreprise et des solutions d'adaptation inspirées du vivant. Pour un événement plus ouvert, il pose la question qui traverse son travail : le vivant peut-il réparer le climat ?

Serge Zaka

Agroclimatologue, fondateur d'AgroClimat2050

En 2026, la chaleur a coûté jusqu'à 42 % de rendement au maïs, et Serge Zaka y voit une limite physique : au-delà de 40 à 44 degrés, ni la technique ni l'irrigation ne protègent plus les cultures. Pour continuer à manger français, il faut donc à la fois réduire les émissions et adapter dès maintenant les sols, les paysages et ce que l'on plante.

Docteur en agroclimatologie de l'université de Poitiers, passé par l'Agro de Dijon, il a préparé sa thèse à l'Inrae de Lusignan, puis a été chercheur et modélisateur chez ITK avant de fonder AgroClimat2050, qui étudie l'impact du réchauffement sur les grandes cultures, le maraîchage, les vergers, la vigne et l'élevage. Chasseur d'orages et photographe, il a publié Orages sur le climat (HarperCollins, 2025).

Avec les coopératives et l'agroalimentaire, il chiffre ce que le climat fait déjà aux récoltes et aux approvisionnements, et les filières à lancer pour 2050. À toute organisation, il rappelle qu'une adaptation repoussée se paie crise après crise, et que c'est quand tout va bien qu'il faut changer. Et il laisse à chaque salle une question : que mangerons-nous lorsque l'été 2026 sera devenu la norme ?

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